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Le “modèle” social français se fissure : on dépense beaucoup, toujours plus et mal. Cette situation peut-elle durer, à l’heure de la rigueur ?
Cette fois, c’est parti. Le 6 juillet, François Baroin, le ministre du Budget, a annoncé très clairement l’intention du gouvernement de réduire les dépenses sociales.
« Aides sociales, dépenses de santé, retraites, assurance chômage… la France redistribue chaque année 580 milliards d’euros, souligne Pierre Méhaignerie, président de la commission des affaires sociales de l’Assemblée.
Le constat finit presque par faire l’unanimité : le social, c’est beaucoup d’argent dépensé, mais mal. «Et cette somme de 580 milliards d’euros augmente de 4,5 % chaque année », précise Pierre Méhaignerie. Ce que la Fondation pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques (Ifrap) appelle « le dérapage incontrôlé », le « toujours plus » de la protection sociale française qui ne résout pas pour autant les problèmes.
«Politiques de droite comme politiques de gauche ont en réalité conduit la France à un niveau de protection sociale monétaire qui ne peut guère connaître de nouveaux développements sans redéfinition des missions sociales publiques », résume la Fondation. Il ne reste plus grand monde pour le contester. Reste à passer à l’acte…
La France est le pays champion du monde de la dépense sociale… et de l’insatisfaction. Encore une “exception française”, analysée sans concession par ce professeur au Conservatoire national des arts et métiers.
La dérive de nos dépenses de protection sociale est largement financée par la dette. Cette situation peut-elle durer ?
Méfions-nous de l’amalgame entre déficit public et dépenses sociales. Je ne suis pas sûr que les prestations sociales doivent être montrées du doigt comme source d’économies. En revanche, il est clair qu’il faut les affecter de façon plus efficace. Nous dépensons beaucoup pour la solidarité et c’est normal, mais ces dépenses sont trop souvent inefficaces et c’est anormal.
Quand on se penche sur l’aide réelle aux SDF, on s’aperçoit que 90 % des sommes engagées financent les brancardiers, les brancards, bref les professionnels de l’action sociale. Bel exemple d’inefficacité, où l’argent sert à entretenir la réparation plutôt qu’à faire de la prévention en s’attaquant aux vraies causes de l’exclusion.
Il faut aider ceux qui sont à la rue à s’en sortir plutôt que les y maintenir dans des tentes régulièrement renouvelées.
Mais non, on préfère dire à la mère qu’elle va bénéficier de l’allocation parent isolé. En réalité, les travailleurs sociaux entretiennent une politique de guichet. Parce qu’ils ne savent pas faire autre chose, alors qu’il faudrait accompagner les individus en difficulté dans une dynamique de projet et non les assister.
À l’inverse, l’action sociale est inapte à remettre les gens tombés à terre en selle de façon économiquement viable.
Vous dites que l’on entretient une politique de guichet, signifiez-vous par là que l’on a développé l’assistanat ?
Bien sûr. Les politiques n’ont jamais eu le courage d’accorder une aide en exigeant une contrepartie d’activité. Ce devrait pourtant être une règle d’or : pas de revenu sans contrepartie d’activité. C’est une question de dignité pour les individus et d’efficacité pour la société.
Comment sortir de cette logique de l’assistanat?
Nous sommes très éloignés du concept social que vous défendez ?
C’est-à-dire la moitié des 20 % d’une classe d’âge en échec scolaire non employable, faute de “savoirêtre” minimal,
Au fond, vous êtes plutôt optimiste ?
Oui, parce qu’entre un bateau qui coule et un bateau qui flotte, il n’y a pas un grand écart. Ce qui me réjouit, c’est que nous connaissons l’ampleur de nos gaspillages. Nos dépenses publiques (54 % du PIB) sont plus élevées de 6 points que la moyenne de l’Union européenne. Soit 120 milliards d’euros. Le montant des économies réalisables est à la hauteur de nos gaspillages.
On n’arrête pas d’entendre que l’ascenseur social est en panne. C’est encore une bêtise. Si l’ascenseur par les diplômes ne fonctionne plus parce qu’ils sont dévalués, on peut toujours se construire un escalier par ses compétences et ses efforts. Je pourrais raconter dix, vingt, cinquante belles his toires de jeunes ou de moins jeunes qui se sont battus, ont entrepris, en partant d’un projet qu’ils ont défendu, et qui ont réussi.
C’est irresponsable. On ne s’est pas rendu compte que l’on était comme la Grèce, anesthésiés par l’euro. Maintenant, on n’a plus le choix, si on ne veut pas être relégués par les Allemands dans les “pays du Club Med”. Ils nous laisseraient l’euro comme un “sous-mark”.
Demain, il faudra remettre la France au boulot, et dans certains cas, travailler plus pour ne pas gagner moins.
Comment jugez-vous les premiers pas de Hollande sur la scène internationale ?
En quoi ce retrait anticipé pose-t-il problème ?
Il oblige les Etats-Unis à envoyer une brigade à la place des soldats français qui opéraient en Kapisa, une région clé puisqu’il s’agit d’un verrou entre le Pakistan et Kaboul. Par ailleurs, il faudra bien rapatrier notre matériel. Cela va prendre du temps. Des troupes non combattantes, environ 2000 soldats, seront bien obligées de rester après 2012. On voit que cette décision est avant tout un habillage politique que nos militaires sur place vivent très mal. Car, comme l’a dit Angela Merkel : « Nous sommes entrés ensemble, nous repartons ensemble. » C’est la ligne que François Hollande aurait dû suivre.
Pas encore de fausse note. Jusqu’à présent, François Hollande a fait un zéro faute. Ses premiers pas de président ont été placés sous le signe du professionnalisme, comme s’il s’était préparé depuis longtemps à ce moment : ce fut vrai pour la formation du gouvernement comme pour ses premiers pas à l’étranger. Respect.
Il y a pourtant une ombre au tableau: l’état énamouré de nos chers médias, au comble de la félicité, qui nous rapportent les faits et gestes de François Hollande comme s’il s’agissait d’une épopée du Moyen Age. Ce n’est plus l’état de grâce, c’est l’état de béatitude, j’allais dire de bêtise.
A en croire ces chers médias, il ne resterait plus qu’à attendre les résultats de l’effet Hollande pour que la zone euro renoue avec la croissance. C’est ce qu’on dit chez nous après chaque élection présidentielle et, avouons-le, on risque d’attendre encore longtemps…
Pendant 24 mn à peu près on ne voit que de la mise en scène … C’est un envers du décor qu’on ne montre jamais … Mais oui tu sais bien que c’est toujours comme ça ! Entretien Jeambar-Leconte (RCJ)
La tâche sacrée des journalistes musulmans est, d’une part, de protéger la Umma des “dangers imminents”, et donc, à cette fin, de “censurer tous les matériaux” et, d’autre part, “de combattre le sionisme et sa politique colonialiste de création d’implantations, ainsi que son anéantissement impitoyable du peuple palestinien”. Charte des médias islamiques de grande diffusion (Jakarta, 1980)
Il s’agit de formes d’expression artistique, mais tout cela sert à exprimer la vérité… Nous n’oublions jamais nos principes journalistiques les plus élevés auxquels nous nous sommes engagés, de dire la vérité et rien que la vérité. Haut responsable de la Télévision de l’Autorité palestinienne
Je suis venu au journalisme afin de poursuivre la lutte en faveur de mon peuple. Talal Abu Rahma (lors de la réception d’un prix, au Maroc, en 2001, pour sa vidéo sur al-Dura)
Oh, ils font toujours ça. C’est une question de culture. Représentants de France 2 (cités par Enderlin)
Pour qui nous prenez-vous ? Nous savons qui vous êtes, nous lisons tout ce que vous écrivez et nous savons où vous habitez. Hussein (attaché de presse du Hezbollah au journaliste Michael Totten)
Dans un pays où une importante exposition parisienne sur les photos controversées du siècle peut tranquillement faire l’impasse sur l’un des plus grands faux de l’histoire récente …
A le mérite de rappeler le relatif degré de sophistication que permettent les technologies numériques actuelles ???
Et surtout la véritable guerre d’information et d’image dont semblent souvent peu conscients non seulement le grand public mais ceux qui sont censés l’informer …
Bien avant l’affaire des missiles iraniens, Alain Korkos avait traité de l’art de la retouche des photos d’actualité sur son ancien blog, La boîte à images.
Pour ceux qui l’auraient manqué, ce cours magistral du professeur Korkos, donné le 8 septembre 2006, reste d’actualité !
Que ce soit pour lisser la peau tavelée du jeune marié ou pour truquer une image à des fins politiques, la retouche photographique existe depuis l’invention de la photographie – ou presque.
J’avais publié, dans le Manuel à l’usage des petites Staline de banlieue, des photographies truquées datant de la Commune de 1871 et j’avais rappelé que ce genre de manipulation existait avant même l’invention de la photographie, en citant pour exemple le Sacre de Napoléon peint par David.
La manipulation d’images à des fins politiques ne date pas d’hier, et il n’est pas étonnant qu’elle fleurisse de nos jours avec le perfectionnement des techniques. Avec parfois quelques couac aussi, dont la récente affaire Adnan Hajj nous fournit une belle illustration.
> Cliquez sur l’image pour un gros plan <
Nous sommes censés voir trois missiles alors qu’il n’y en a qu’un, dupliqué deux fois.
Image bidon qui raconte une histoire inventée grâce à la compilation de deux photos :
Rien que de très banal, disais-je.
Nous vivons une époque où il est impératif de ne plus croire en la véracité d’une image, une époque où l’on nous ment à tout bout de champ. Apprenons à faire avec en aiguisant notre regard, cultivons la suspicion au risque de sombrer dans la paranoïa, et tout ira presque bien dans le pire des mondes.
Sauf que certains veulent se croire encore plus malins que les trafiquants d’images. Profitant de leur confortable position de chevalier blanc, ils abusent le monde ou s’abusent eux-mêmes.
Et ledit ouèbemaistre, de mettre en ligne une animation prouvant qu’il s’agit bien de la même image :
Sauf que voilà, seul un tiers de la photo est commun, et bizarrement, la petite maison sur la hauteur n’est pas dans le même axe vertical si l’on prend comme point de référence l’immeuble entouré d’un carré rouge :
On voit par là que le ouèbemaistre de littlegreenfootballs.com s’était un peu emballé, avait pris ses désirs pour des réalités. L’erreur est humaine, ne lui jetons pas la pierre. Il publia ensuite la photo originale divulguée par Reuters, sans un mot d’excuse à l’attention de ses lecteurs.
1. Cette partie de la colline a été déplacée vers le haut afin d’exagérer le côté tapi, vulnérable de la ville.
4. et 5. Les immeubles ont été dupliqués au tampon.
6. Le bas de la photo a été coupé, afin d’enfoncer encore un peu plus la ville. Pour s’en convaincre, il suffit de regarder à nouveau la photo originale ci-dessous. La partie encadrée de rouge est celle qui a été ôtée :
Enfin, le contraste a été accentué sur toute la surface de l’image afin de la rendre plus dramatique.
L’École des Hautes Études en Sciences Sociales, académique institution s’il en est, dispose d’un blog intitulé Actualités de la recherche en histoire visuelle. À propos de l’affaire Adnan Hajj, on peut y lire ceci en date du 8 août :
Le mea culpa de l’Express, qui s’excuse, mais qui n’a rien compris !
C’en serait une dans tous les cas, ça l’est plus encore dans celui-là : laisser planer la moindre ambiguïté sur un sujet aussi sensible, quand on sait que les images peuvent être utilisées comme des armes de guerre, donner du crédit à un stratagème aussi grossier, qui peut contribuer à alimenter l’exaspération antisioniste là où elle s’enflamme sans besoin de combustible, n’appelle aucune excuse. Nous avons déconné, gravement. J’ai déconné, gravement : je suis responsable du site de L’Express, et donc du dérapage.
A ce titre, je fais amende honorable, la queue basse, auprès des internautes qui ont été abusés, de tous ceux que cette supercherie a pu blesser et de l’AFP, qui n’est EN AUCUN CAS comptable de nos propres bêtises.
Cela dit – et que les choses soient claires, ce que j’écris ci-dessous n’enlève rien à ce que j’ai écrit ci-dessus ».
– La premiere : vous et vos collaborateurs êtes des gens manquant de professionalisme, et ça vous l’avez prouvé, vous devriez donc en tirer les conséquences et agir en conséquence – mais j’ai bien compris que vous pensez que votre lettre d’excuse soit suffisante !? Vos lecteurs prendront donc leur décision en conséquence ; s’ils pensent pouvoir continuer d’accorder leur confiance à un journal géré par des gens qui font de telles erreurs…
Et que dire de votre agressivité envers ceux qui vous critiquent…
Monsieur Mettout, vous et vos collègues faites bel et bien partie des journalistes engagés contre Israel, tout comme le triste sieur Enderlin. Vous avez saisi l’occasion de prendre une photo truquée et d’en modifier la légende originale pour faire un coup contre l’armée la plus morale du monde et la seule démocratie du Proche-Orient, sans vous soucier du mal que vous pouviez faire – ou peut-être en l’espérant. Alors antisémite ou non ? Moi je ne sais pas vraiment comment vous qualifier, vous ne m’inspirez en fait pas grand chose.
Non, nous ne sommes pas antisémites
C’en serait une dans tous les cas, ça l’est plus encore dans celui-là: laisser planer la moindre ambiguïté sur un sujet aussi sensible, quand on sait que les images peuvent être utilisées comme des armes de guerre, donner du crédit à un stratagème aussi grossier, qui peut contribuer à alimenter l’exaspération antisioniste là où elle s’enflamme sans besoin de combustible, n’appelle aucun excuse. Nous avons déconné, gravement. J’ai déconné, gravement: je suis responsable du site de L’Express, et donc du dérapage.
Cela dit – et que les choses soient claires, ce que j’écris ci-dessous n’enlève rien à ce que j’ai écrit ci-dessus:
– Sur de nombreux sites pro-israéliens où l’affaire (!) a pris son envol et son ampleur, elle a servi à nourrir de vieilles rancœurs. Pour résumer: les médias français dans leur ensemble désinforment sciemment, s’acharnant sur Israël en toute (mé)connaissance de cause – quand nous ne sommes pas tout bonnement accusés d’encourager le terrorisme; j’ai lu tout à l’heure que nous aurions « fabriqué » Mohamed Merah…
Naturellement, ont resurgi à cette occasion d’autres incidents, au premier rang desquels figure, comme d’habitude, la mort du petit Mohamed Al-Durah, filmée par l’équipe du correspondant de France 2 à Jérusalem, Charles Enderlin – formidable journaliste, dont le courage n’a d’égal que le professionnalisme, j’en profite pour le répéter ici. Il faut avoir le cuir épais pour résister aux pressions brutales et inqualifiables dont il est la cible depuis ce jour-là. Il l’a, fait toujours bien son métier, rend coup pour coup, malgré les attaques infamantes et les calomnies dont il est l’objet, respect.
J’ai utilisé le mot propagande au début de ce post, à propos de l’image qui l’a motivé. Il n’y en a pas d’autre pour qualifier les méthodes d’intimidation mises en oeuvre pour nous empêcher de parler librement du conflit israélo-palestinien. Et si reconnais bien volontiers, et bien tristement, notre erreur, je tiens à confirmer que nous continuerons, malgré elle et les réactions qu’elle a provoquées, à le faire.
PS qui a tout à voir: le sujet de ce post est éminemment sensible. Je ne vais être épargné par personne, ni par les défenseurs les plus intransigeants de la politique israélienne, ni par ceux qui dénoncent sans nuance le vil « colonisateur ». J’aimerais simplement que tous les autres, et j’espère qu’ils sont majoritaires, liront ce que j’ai écrit et pas ce que ces jusqu’au-boutistes en auront dit.
Lorsque vous êtes d’une nationalité étrangère mais installé en France, vous pouvez aussi constituer une sorte de passerelle entre votre pays d’origine et votre pays de citoyenneté. Najat Belkacem
Je vous saurai gré de bien vouloir rétablir le fonctionnement normal de ce magasin se prévalant de l’enseigne Franprix ­ que j’ai également saisie du dossier ­ dans les plus brefs délais. Dans le cas contraire, j’utiliserai, dans les prochains jours, tous les pouvoirs de police dont je dispose. Manuel Valls
A l’heure où après le terrifiant coup de vieux mitterrandien du 6 mai (30 ans d’un coup!) …
Comment ne pas voir en creux ce qu’aurait pu être un vrai président de gauche un peu synchrone avec son temps?
« Il ne lâche jamais François. Jamais », s’amuse un cacique du PS. Dans l’équipe de campagne de François Hollande, on ne voit que lui. Ou presque. Toujours là, à l’affût, juste à côté du candidat socialiste à l’élection présidentielle. Surtout quand les circonstances l’exigent. Comme ce mardi 13 mars, au lendemain du premier sondage donnant son champion derrière le président sortant au premier tour. Manuel Valls annule tous ses rendez-vous et saute dans le TGV pour Valence (Drôme) afin de déminer le terrain. A grands coups de « ce n’est pas une surprise » et « on pouvait s’y attendre », distillés dans la voiture-bar aux journalistes qui suivent le déplacement.
Pas question de concéder la moindre faiblesse personnelle. Il assure : « Je ne suis pas d’un naturel angoissé. Je peux être tendu, fatigué, et il arrive que mes émotions se ressentent. Ma seule angoisse est celle du résultat. » Et sa hantise, laisser le moindre détail lui échapper.
Non, Manuel Valls, le nouveau ministre de l’intérieur, ne fera sans doute pas de déclaration sur l’inégalité entre les civilisations. Il ne faudrait donc pas lui faire de procès d’intention. Il faudrait se garder de toute caricature.
Le problème est que Manuel Valls est sa propre caricature, même s’il s’abstiendra, du moins faut-il l’espérer, d’affirmer comme son prédécesseur qu’il y a trop de musulmans en France. C’est tout de même lui qui, se promenant sur un marché de sa bonne ville d’Evry, le 7 juin 2009, interpellait ses collaborateurs : « Belle image de la ville d’Evry… Tu me mets quelques Blancs, quelques White, quelques Blancos ! »
Mais Valls a su faire le bon choix : rester au PS tout en combattant tous les principes de la gauche et, finalement, accéder à un poste où il pèsera lourd dans les choix gouvernementaux des prochains mois sur la sécurité, l’immigration, l’islam. Concédons-lui donc le fait qu’il est un habile politicien, mais mettons entre parenthèses l’idée qu’il serait de gauche.
Valls n’est pas seulement un défenseur de la sécurité, mais aussi un contempteur du communautarisme et un pseudo-partisan de la laïcité (c’est évidemment tout à fait par hasard que les cibles de ses attaques sont les populations des quartiers populaires).
Fini, les conflits d’intérêts, les vacances au soleil chez des dictateurs, les motards qui renversent des piétons ou les voyages en avion non justifiés !
« On a senti un blanc dans l’assistance […]. Je me demande, du coup, si tout le monde a signé. »
Dès l’entrée en fonction de son gouvernement, en mai 2007, le Premier ministre de Nicolas Sarkozy avait fixé les règles du jeu dans une série de circulaires – d’obscurs textes administratifs qui n’ont pas l’impact symbolique d’une charte…
Rue89 a passé en revue les principales règles de la charte.
« [Les ministres] remplissent et signent une déclaration d’intérêts lors de leur entrée en fonctions, déclaration qui est rendue publique, à l’exception des informations concernant des tiers. »
La loi impose déjà aux ministres de déclarer leur patrimoine à la Commission pour la transparence financière de la vie politique, en deux fois : lorsqu’ils prennent leurs fonctions et lorsqu’ils les quittent. Ces déclarations restent confidentielles.
En mars 2011, le Premier ministre écrivait à ses ministres pour leur imposer cette déclaration, portant notamment sur leurs investissements personnels. Un mois plus tard, chaque ministère présentait le document sur son site.
« [Les ministres] confient la gestion de leur patrimoine mobilier à un intermédiaire agréé, sur la base d’un mandat garantissant qu’ils ne pourront intervenir directement dans cette gestion. »
Les ministres ne pourront donc pas être suspectés d’agir de manière à augmenter le rendement de leurs placements, actions, assurances-vie.
Une précaution louable… et déjà prise par François Fillon dans une circulaire du 18 mai 2007, dès l’entrée en fonctions de son premier gouvernement.
« Vous voudrez bien confier à un intermédiaire agréé un mandat de gestion du patrimoine ainsi défini […].
Ce mandat devra vous interdire de donner, même verbalement, un ordre au gérant, sauf pour vendre, pour un montant que vous fixerez, une partie, qu’il choisira, du portefeuille détenu. »
« Les membres du gouvernement s’abstiennent de donner suite à toute invitation pour un séjour privé qui émanerait d’un gouvernement étranger ou de personnes physiques ou morales dont l’activité est en relation avec leur département ministériel. »
Cette dernière affaire avait contraint MAM, ministre des Affaires étrangères, à démissionner – et François Fillon, Premier ministre, à livrer une justification peu convaincante : selon lui, la ministre n’avait « pas commis de faute au sens moral en utilisant un avion d’un ami de longue date […] ».
Désormais, « faute au sens moral » ou pas, de telles vacances seront officiellement contraires à la déontologie. Sur ce point, le nouveau gouvernement clarifie les choses.
« [Les ministres] remettent au service des domaines, soit immédiatement, soit à l’issue de leurs fonctions, les cadeaux d’une valeur supérieure à 150 euros. »
Encore une décision louable… et qui n’a rien de nouveau. Le 18 mai 2007, une des circulaires destinées à encadrer les pratiques des ministres était justement consacrée aux cadeaux.
François Fillon rappelait à ses ministres que ces cadeaux leur étaient remis uniquement parce qu’ils représentaient l’Etat, et qu’ils n’en étaient donc pas propriétaires. Cette circulaire n’évoquait pas le seuil des 150 euros, au-dessous duquel un cadeau est considéré comme une simple babiole.
Mais ce seuil était une des suggestions du rapport sur la « déontologie de la vie publique », remis à François Fillon en janvier 2011. Et il est déjà entré dans les moeurs.
La semaine dernière, un ministre sortant a ainsi accueilli Rue89 dans son bureau, au milieu de ses cartons, une assiette assez kitsch dans les bras :