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« Je ne sais plus qui m’avait offert ça, vous croyez que ça vaut plus de 150 euros ? Sinon, je l’offre à mes collaborateurs… »
« [Les ministres] renoncent à toute participation à un organisme, même à but non lucratif, dont l’activité intéresse leur ministère. »
Cette interdiction est déjà prévue par la Constitution elle-même, dont l’article 23 interdit notamment aux ministres l’exercice de « tout emploi public ou de toute activité professionnelle ».
Et le 18 mai 2007, à l’entrée en fonction de son gouvernement, François Fillon avait décidément été très productif. Une autre de ses circulaires évoquait en effet les « incompatibilités entre les fonctions de membre du gouvernement et certaines activités professionnelles ».
Le Premier ministre de l’époque y rappelait l’article 23, et dressait la liste des fonctions sur lesquelles pouvaient planer un doute – par exemple, la présidence d’un organisme HLM par un maire également membre du gouvernement. Il recommandait à ses ministres d’abandonner ces fonctions.
« Ils s’abstiennent absolument de toute intervention concernant la situation d’un membre de leur famille ou d’un proche. »
La loi proscrit déjà, évidemment, ce genre d’interventions. Rappelons, par exemple, que la Cour de justice de la République s’intéresse à la vente de l’hippodrome de Compiègne par Eric Woerth, l’ancien ministre du Budget.
« Les membres du gouvernement consacrent tout leur temps à l’exercice de leurs fonctions ministérielles. Ils doivent, de ce fait, renoncer aux mandats exécutifs locaux qu’ils peuvent détenir. »
Ce n’est qu’une première étape. Contrairement à Nicolas Sarkozy, François Hollande s’est aussi engagé à interdire le cumul des mandats aux parlementaires. Cette fois-ci, une charte ne suffira pas : il faudra modifier la loi.
« Les moyens mis à la disposition des ministres sont réservés à l’accomplissement de leur mission. Seules les dépenses directement liées à l’exercice des fonctions sont prises en charge par l’Etat. »
Comme l’interdiction de toute intervention en faveur d’un proche, cette règle est à classer dans la catégorie, au choix, « enfonçage de porte ouverte » ou « ça va mieux en le disant »…
D’ailleurs, François Fillon l’avait également rappelée à ses ministres, dans une autre de ses circulaires du 18 mai 2007, consacrée aux « dépenses susceptibles d’être prises en charge par l’Etat ». Il expliquait notamment :
« Les dépenses à caractère personnel ou familial (réceptions privées, repas personnels et familiaux, habillement personnel…) ne peuvent être prises en charge par l’Etat. »
« Les membres du gouvernement privilégient le train pour les déplacements d’une durée inférieure à trois heures. »
Le candidat Hollande s’était déjà engagé, en fin de campagne, à privilégier le train une fois élu. Ses ministres devront donc suivre son exemple.
Le 31 mars 2010, le directeur de cabinet de François Fillon avait justement envoyé aux « dir cab » de tous les ministres une note sur « l’utilisation des moyens aériens pour le déplacement des membres du gouvernement » :
« Le recours aux lignes ferroviaires et aux lignes aériennes régulières doit être privilégiée. Force est de constater que cette exigence est trop souvent perdue de vue. »
Cette note s’intéressait davantage à l’avion qu’au train : elle faisait suite à une série de polémiques sur les déplacements de ministres en jets privés. Et en fixant un seuil en-dessous duquel le train doit être privilégié – trois heures de voyage –, le nouveau gouvernement clarifie une bonne fois pour toutes les choses.
« Sauf contrainte particulière justifiant une escorte motocycliste, leurs déplacements en automobile se font dans la discrétion et le respect des règles du code de la route. »
« Les déplacements en véhicule automobile des membres du gouvernement doivent revêtir un caractère exemplaire.
Ces déplacements doivent s’effectuer dans le strict respect des règles du code de la route, sans utilisation d’un gyrophare ou d’un avertisseur sonore spécial.
Les nombreuses affaires ayant marqué le quinquennat l’ont démontré. Imposer des règles, c’est bien. Faire en sorte qu’elles soient respectées, c’est mieux.
C’est donc à l’usage qu’on saura si cette charte est plus qu’un symbole, et si la République exemplaire annoncée par François Hollande vaut mieux que celle qu’on nous promettait en 2007.
108 m2 pour 1 524 euros par mois à Paris. Soit, très en dessous des prix du marché. Ce prix comprend un surloyer censé équilibrer la situation. Selon la député PS à l’indemnité mensuelle de 7 000 € brut, elle n’habite pas dans un logement social mais dans un « logement intermédiaire pour les salariés de catégorie moyenne, comme le système du 1% patronal ». Pour cette raison, la nouvelle ministre déléguée a la Justice, a toujours refusé de quitter ce logement au loyer très avantageux.
5/ Pierre Moscovici et le droit à l’image ou l’histoire de l’arroseur arrosé :
L’adjointe au maire de Paris chargée de la lutte contre les discriminations est réputée pour son absentéisme. En mai 2010, un papier du Monde.fr notait qu’en 44 séances, l’adjointe avait été absente 10 fois. Elle était alors qualifiée par le « journal de référence » de « championne de l’absentéisme ».
Célébrer l’histoire du communisme ou de la Terreur, c’est tout de même bien plus tolérant que de refuser l’entrée du territoire à un étranger qui ne s’est pas conformé à la loi. Théophane Le Méné
Attention: une censure peut en cacher une autre!
Au lendemain de l’auto-sabordage d’une droite française pourtant majoritaire dans le pays sur l’autel du politiquement correct et au profit d’une gauche qui avec la complicité médiatique que l’on sait ne s’est jamais embarrassée, elle, de ses alliances avec les thuriféraires du communisme ou de la Terreur …
A savoir, via le pouvoir économico-médiatique et ses conseillers juridiques, celle de la bien-pensance et du politiquement correct qui peut, au niveau de l’édition, arrêter à la source toute publication non conforme ou, à celui de la critique, se contenter de n’en point parler …
Donc ça sera intéressant d’avoir tous ces points de vue. Mais je ne veux pas en même temps donc dévoiler ton intervention, d’ailleurs je ne sais pas quel sera le contenu exact et j’attends avec grande impatience et à l’issue donc nous aurons comme d’habitude une séance de questions avec Pierre Jourde.
Pierre Jourde : Je ne suis pas un spécialiste universitaire de la censure ; en tant que polémiste j’ai eu à affronter une certaine forme de censure il y a quelques années, d’ailleurs ca continue.
Le titre pourrait aussi bien être « censure visible, censure invisible » car le grand public semble vivre sur une sorte de représentation datée de la censure (étatique, relevant du domaine de la puissance publique), et cela arrange un certain nombre de gens.
La censure légale est en grande partie basée sur ce qui reste de la loi de 1881 (loi qui avait assoupli le cadre juridique précédent) et pour l’essentiel de la loi du 16 juillet 1949 (sur les publications destinées à la jeunesse).
Cette loi de 1949 sert le plus souvent à attaquer un texte littéraire et des livres présentant sous un jour favorable le banditisme, le vol, la paresse, etc… Son cadre est très large mais très peu appliqué sauf dans le cadre d’ouvrages directement pornographiques.
La loi Perben 2 est assez pernicieuse car elle permet de condamner non pas les livres criminels pour leur contenu mais les livres de criminels (de quelqu’un qui sort de prison ou y est encore) parce qu’on considère qu’il peut faire de la publicité à l’individu criminel qui l’a publié.
En réalité, l’initiative de la censure n’est pratiquement plus prise par les pouvoirs publics, par le Parquet.
Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur avait décidé de ne pas attaquer ce livre. Celui-ci montre, certes, les fantasmes et difficultés d’un pédophile mais il ne peut, à mon avis, être présenté comme l’apologie de la pédophilie.
Ce n’est pas l’État qui l’a attaqué en justice mais des associations (de protection de l’enfance pour l’essentiel, très actives sur le front de la littérature).
A été attaqué non pas sur son contenu mais pour des propos tenus à l’extérieur du livre. Ici, le Parquet a renoncé à attaquer et ce sont des associations (la Ligue Islamique notamment) qui ont attaqué Houellebecq.
raconte le parcours d’un tueur en série qui s’en prend particulièrement aux enfants de manière notamment atroce.
La législation sur le respect de la vie privée, elle, peut donner lieu à un certain nombre de procès.
D’après la loi du 17 juillet 1970, elle concerne le respect de la vie privée auquel s’est ajouté la notion de droit à l’image.
Ce livre a été attaqué par la famille de la famille Stern au nom de la vie privée et du droit à l’image.
Vous voyez que même en littérature, le droit à l’image le respect de la vie privée est quelque chose, à partir de quoi il est encore difficile d’aboutir à une condamnation, même si la fiction ne constitue en aucun cas une protection.
La loi prévoit que, même si les noms, les lieux sont modifiés, dès lors que la personne est reconnaissable, vous êtes en principe condamnable.
Enfin il faut noter que si des associations musulmanes ou chrétiennes poursuivent des ouvrages, en revanche en France, l’Église officielle, la plupart du temps ne prend guère l’initiative de poursuites.
La demande d’opposition, le désir d’être interdit.
Je pense donc que pour penser le champ culturel, il faut tenir compte de cette évolution, et faire attention à ne pas avoir une guerre de retard, à ne pas se croire au XIXème siècle. On a parfois l’impression, dans la manière dont les questions de censure paraissent dans la Presse, que nous en sommes encore à l’époque du Procureur Pinard, c’est-à-dire l’Etat prenant l’initiative d’attaquer, et de faire condamner ou pas Flaubert et Baudelaire.
Au XIXème siècle nous avons raté un certain nombre d’écrivains maudits: les impressionnistes, refusés, brocardés par la critique officielle, et à cause de cela, nous sommes terrifiés à l’idée de rater un génie. Julien Gracq le disait déjà dans « LA LITTERATURE A L’ESTOMAC » en 1950, qu’il ne fallait pas qu’on prenne le risque de rater quelque chose qui pourrait se produire aujourd’hui.
Donc toute critique à l’égard d’un artiste contemporain sera assimilée à du conservatisme, et inversement, la marginalité devient signe de l’élection artistique. Donc l’interdiction, la censure, la critique vont plutôt faire l’objet d’une sorte de désir, pour être dans certains cas recherchées comme des signes de la qualité littéraire.
Il y a un certain vocabulaire de la rébellion qui règne dans tout le discours qui est tenu sur l’œuvre contemporaine ; elle est censée déranger, interroger, être rebelle.
Philippe Sollers y raconte une sorte de bluette d’un monsieur un peu âgé qui va au bord de la mer avec une jeune femme beaucoup moins âgée. Et toute la particularité du texte de Sollers consiste à dire que ce qu’il écrit est scandaleux et à intégrer à l’intérieur de son roman les huées d’un public imaginaire.
C’est-à-dire que Sollers intègre à son livre précisément l’interdit, la critique, l’opposition qui lui fait si désespérément défaut, puisqu’au fond nul n’est plus notable dans le monde des Lettres que lui.
Mais il a besoin de ça pour se croire en effet un interdit, un marginal. Il a soin de dire d’ailleurs qu’il écrit pour les fous, les rebelles, les prostituées, etc, qui comme on sait sont de grands lecteurs de Sollers, bien entendu.
Le livre de DDV lui-même se présente comme un allumeur d’incendie. Je rappelle qu’à l’époque où DDV a sorti ce livre, Nicolas Sarkozy était ministre de l’intérieur. On se demande donc pourquoi il n’a pas immédiatement arrêté DDV pour rébellion, sécession, mise-à-sac de la société, qui est quand même le discours dans lequel s’exprime constamment l’auteur.
qui a eu lieu il y a quelques années et Buren avait accroché des panneaux, tout au fond de la salle, pour expliquer à quel point il était un artiste maudit, ce qui était amusant pour quelqu’un qui expose au Centre Pompidou, c’est-à-dire le temple de la reconnaissance étatique, il avait besoin lui aussi d’attaques.
c’est qu’il est victime d’un complot et d’un lynchage.
Or il se trouve que ce livre est un canular, de ces petits livres amusants qu’on fait en inventant un auteur.
Par la suite, quelqu’un l’a déclaré dans le Nouvel Observateur et, non seulement BHL lui-même mais toute sortes d’éditorialiste ont crié au complot, à l’acharnement, etc. C’est-à-dire qu’il y a cette espèce de besoin d’opposition alors même qu’elle fait pratiquement défaut.
Existe-t-il encore des interdits en littérature ?
On avait oublié Genka, en 2005, donc « L’EPI MONSTRE » est à nouveau en principe disponible, les poursuites pour des problèmes de mœurs on l’a vu restent rares, et d’ailleurs elles sont paradoxales, d’une certaine manière.
2) Dans l’affaire Nicolas Jones-Gorlin, celui-ci décide finalement de le sortir sous enveloppe plastique pour respecter la loi sur les publications destinées à la jeunesse (au cas où un enfant de huit ans, voyez, entrant là prenne le livre et le feuillette.)
Je crois qu’en grande partie, d’abord ce sont les journalistes qui sont en recherche de scandale, qui sont en recherche de judiciarisations de littérature, on essaiera de voir pourquoi, et j’en vois un exemple très patent dans le destin de l’ouvrage «PLATEFORME» de Michel Houllebecq.
Or il n’y a absolument pas de prostitution enfantine dans « PLATEFORME ». C’était bien donc, consciemment ou inconsciemment de la part du journalisme le fait de chercher le scandale, pour créer un problème là où il n’y en avait pas.
On constate une démarche concertée dans le journalisme pour créer un certain nombre de problèmes.
Donc il y a là à mon avis plus de demande que d’interdit et des textes qui ne fonctionnement pas forcément sur l’exhibition se retrouvent pris dans le mouvement.
1) « PAYS PERDU » que j’ai publié en 2003
Dans ce roman, un personnage tient des propos antisémites.
On en arrive donc à une situation, je vais développer cette idée, où ce sont cette fois des intellectuels et des écrivains qui se font des auxiliaires et les fourriers de la censure, et qui la demandent.
Pour lui, le fait qu’il y avait trop de juifs faisait qu’il était difficile d’accorder foi à une émission qui parlait de toutes sortes de problèmes, notamment des problèmes du Moyen-Orient à partir d’un panel de journalistes où tout le monde était juif.
Nous sommes là devant un cas bien concret de censure qui aboutit, qui ne passe pas par voie judiciaire, qui passe uniquement par pression médiatique et qui fait justement supprimer des passages d’un ouvrage.
Il me semble qu’il faut voir dans cette prégnance des procès intellectuels l’effet « d’épidémie de politiquement correct », au sens exact de l’expression, c’est-à-dire considérer comme répréhensible de donner une mauvaise image d’une communauté minoritaire, marginale, ou longtemps opprimée.
Le plus souvent, on a affaire à un phénomène journalistique (campagne de presse, pétition, demande d’interdiction) , donc à une sorte de police de la pensée qui est assurée par un certain nombre de personnes.
Je crois qu’ici les attaques sont beaucoup moins fondées sur le fond de l’affaire que sur la position stratégique des uns et des autres dans le champ littéraire.
La pédophilie est récemment devenu le nouveau tabou littéraire. Pourtant, il s’agissait peut-être du crime le plus ordinaire. Mais il reste une confusion permanente entre les amours adolescentes et le crime sexuel.
La pédophilie est un sujet banal en littérature et qui est poursuivi aujourd’hui. A une certaine époque il me semble que ce thème-là était à la fois plus provocateur mais faisait l’objet de moins d’interdits.
2) Gabriel Matzneff, qui se prétend marginal et rejeté alors qu’il a pignon sur rue littérairement, déclare que « ceux qui [l]’attaquent aujourd’hui » sur ses amours adolescentes « sont les mêmes qui dénonçaient les juifs pendant l’Occupation». Il y a toujours cette espèce de recours à l’extrême pour justifier sa position.
A l’époque, une émission du « Masque et la plume » traitait d’un de ses livres qui était une anthologie de fantasmes sadiques et pédophiles.
Aujourd’hui, on se trouve dans la situation perverse où l’on peut à peu près tout dire.
Lorsqu’on attaque un livre qui exprime un certain nombre de fantasmes uniquement sur un aspect littéraire, la défense est toute prête: demande de censure, respectabilité bourgeoise, etc.
En résumé, certains livres font l’objet d’attaque de groupes de la société civile et de groupes religieux. Mais on observe une relative neutralité du pouvoir étatique. Le plus important étant, bien plus qu’au niveau judiciaire, l’évènement médiatique et l’agitation journalistique qui aura des conséquences réelles sur le livre et l’écrivain.
Il en résulte une situation pour l’écrivain où rien ne lui est fondamentalement interdit ; il est plutôt recommandé de transgresser, de tout dire c’est sa liberté. Il est essentiellement jugé à l’aune de son rapport au réel ou de ce que les médias appellent « la réalité ».
Vous remarquerez qu’aujourd’hui, toutes les critiques d’œuvres littéraires sont à la recherche d’un élément politique, d’un élément intime contenu dans telle ou telle œuvre.
Au final, l’écrivain peut tout dire mais en fait il ne peut rien dire. En d’autres termes, rien ne se passe.
Une espèce de bulle de fausse réalité qui sont des bulles de langage journalistique où le faux interdit devient, pour la littérature, une sorte d’assistance respiratoire qui donne à l’écrivain l’impression qu’il existe encore, que la littérature attaque la réalité.
Bertrand Leclair, critique littéraire, a publié « Verticalité de la littérature , pour en finir avec le « jugement » critique » où il déclare que toute critique négative était ipso facto condamnable et qu’elle n’avait pas lieu d’être.
J’ai publié une sorte d’attaque contre certains poètes contemporain en disant qu’ils exprimaient une sorte d’académisme notamment dans leur forme et j’ai reçu une lettre très circonstanciée de l’un de ces poètes m’expliquant que déjà à Berlin dans les années trente les nazis brûlaient des livres.
a) Dans « Qui a peur de la littérature? » Domecq disait qu’on peut tout critiquer aujourd’hui sauf le champ artistique et littéraire contemporain et que si vous le faites vous serez:
 troisièmement, accusé d’avoir critiqué parce que vous êtes un raté, un aigri, etc.
L’extraordinaire, c’est que les réactions à son livre furent exactement fidèles à ces trois points annoncés et décrits.
De même que Jean Clair, qui était quand même directeur du musée Picasso, disait que certains aspects de l’art contemporain, notamment la merde de l’artiste en bocal n’étaient pas forcément intéressants. Le débat qui s’ensuivit était argumenté. Mais, ici, Domecq n’a pas été discuté.
En résumé, on a affaire à un champ artistique et littéraire où une certaine avant-garde ne pense plus et ne « se » pense plus. Par conséquent, son unique défense consiste à porter le débat sur ce terrain-là, parce qu’elle ne sait plus dire quoi d’autre sur ses propres productions.
Ce qui au fond est assez étonnant, c’est qu’on en arrive à un point où un certain nombre de personnes, artistiquement, sont un peu comme certains calvinistes. Ce ne sont pas leurs œuvres qui comptent, ils sont justifiés en eux-même et en soi. Et par conséquent toute attaque contre eux est injustifiable. Je vais vous donner trois exemples qui me semblent assez parlants.
A peu près à la même époque, la responsable du rayon livre du Bon Marché rencontre Philippe Sollers dans un cocktail chez Gallimard et lui dit « j’ai moins aimé votre dernier livre, etc. ».
J’ai été mis en cause directement, lors d’une tribune au festival «Étonnants voyageurs» de Saint Malo où j’ai évoqué les conflits d’intérêts au sein du journal « Le Monde ».
1) Edwy Plenel a bien résumé l’idée de cette censure sous forme de slogan, suite à des attaques contre le journal « Le Monde » : «Les gens qui attaquent « Le Monde » sont des ennemis de la Liberté » …
Cela me semble typique de la pensée soviétique : les journaux sont absolument convaincus d’incarner la liberté, la pensée vraie, la pensée juste.
Je me souviens d’une conversation dans un train avec une connaissance qui voulait m’inviter et tout-à-coup s’exclame: « Ah zut ! Je ne vais plus avoir d’articles dans Le Monde ». Réaction de peur.
3) Encore récemment un journaliste du Monde est venu chez moi pour tirer mon portrait et m’interroger.