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« J’étais, Madame, j’étais, je ne suis plus rien, je vous dis ! »
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« Sœur Thérèse, pas Madame ! Et il se fait tard, j’ai terminé ma permanence à la Cathédrale, je devrais déjà être rentrée, on va s’inquiéter ! Nous reparlerons de vos état d’âme plus tard, je vous offre l’hospitalité pour cette nuit »
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Aymeric d’Entraigues n’en croit pas ses oreilles. Décidément tout va de travers dans sa vie ! Voilà maintenant qu’une bonne sœur lui ouvre sa maison (et qui sait ? Davantage, peut être ?)… D’autant qu’à y regarder de plus près, cette bonne sœur-là semble bien jeune et , ma foi, pas si mal faite, mis à part son tailleur austère, ses sandales épaisses et la croix qui pend sur sa poitrine ( légèrement rebondie)…
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Et c’est ainsi qu’il se retrouve « à l’insu de son plein gré » et à son grand étonnement assis à l’avant dune 4X4 aux côtés de Sœur Thérèse qui en prend le volant et branche le GPS .
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« Vous comprenez, je suis novice » dit-elle.
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Sûrement que j'ai l'esprit mal tourné, va falloir que j'en parle à mon psychanalyste !
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Sans avoir l'esprit mal tourné de kz , je trouve ce début plein de promesses (peut-être pas les mêmes que lui )
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J'en ai l'eau bénite à la bouche…
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mon Dieu ! Tout fout le camp !…
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Une bonne soeur qui a besoin d'un GPS pour se diriger ? Bizarre, comme c'est bizarre ... Mais n'est-il pas vrai que les voies du Seigneur sont impénétrables ?
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Je pars en trombe derrière le 4X4 pour lire la suite
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1ère partie : « Toute personne qui entre ici, en ressort transformée »
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Lui, l’Athée, qui ne croit ni en Dieu ni en diable, chez les bonnes sœurs !
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Sœur Thérèse a le don de lire dans les pensées et déclare sans ambages :
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« Ne vous méprenez pas, Monsieur ! Chez moi, c’est ici, à l’Abbaye où je viens d’entrer comme religieuse novice. Je n’ai pas encore prononcé mes vœux définitifs et la route depuis Avignon ne m’est pas guère familière. A peine deux semaines depuis mon arrivée…
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Mais la Mère Abbesse ( on dit « Mère Supérieure » chez les Annonciades) et sa communauté ont l’habitude d’accueillir des hôtes de tous bords. Beaucoup demeurent quelque temps chez nous pour retrouver calme et spiritualité. »
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Aymeric adhère tout à fait au calme. Pour la spiritualité, c’est une autre histoire…
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Il n’y a point de fou ici, seulement Sœur Célestine ( 1OO kilos juchés sur 1m 8O et enveloppés dans une espèce de sac de pomme de terres) qui est chargée par la Mère Supérieure d’emmener son hôte au petit déjeuner.
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« Soyez le bienvenu Monsieur d’Entraigues. Je suis persuadée que vous trouverez chez nous la joie et la sérénité perdues. Eh oui, bien que vivant ici dans cette Abbaye, nous gardons un contact étroit avec le monde extérieur ! Votre renom, vos succès et vos revers ne nous sont pas inconnus. J’admire beaucoup votre écriture.
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Mes sœurs et moi-même comprenons fort bien votre besoin de vous ressourcer et nous vous offrons l’hospitalité aussi longtemps que le désirerez.
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Sur ce, bon appétit et bonne dégustation de notre miel et nos confitures faites maison ! »
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Le bol de café fumant, les belles tranches de pain frais sont un délice.
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Les décorations des murs de la salle à manger, des fresques sur fond bleu peintes à la main, représentent oiseaux, écureuils, sarments de vignes et branches de chênes qui s’y enchevêtrent…
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Une fenêtre donne sur le jardin potager qui regorge de senteurs provençales, thym, romarin, farigoulette…
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D’un côté, il est tenté. Rester « loin de la foule déchaînée » ne serait pas du luxe après ce qu’il vient de vivre…
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De l’autre, comment payer son séjour, il n’a plus un sou…
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« Vous êtes écrivain, n’est-ce-pas ? Peut-être pourriez-vous nous rendre un grand service…
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Si en plus, vous avez encore quelques connaissances en langues mortes, vous pourriez nous aider à déchiffrer des documents et parchemins entassés dans le cellier de l’Abbaye depuis des lustres. Vous me semblez être l’homme de la situation pour y mettre de l’ordre. Deux petites heures par jour suffiraient largement pour vous assurer le gîte et le couvert !
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Ce dernier argument est-il le plus convaincant ?
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Il décide même d’atteler tout de suite à la tâche, remettant la visite de l’Abbaye à plus tard.
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Point de vin dans cette cave poussiéreuse, mais des papiers, des tas de papier, des piles de documents dont les ficelles ne sont plus que lambeaux. Aymeric se saisit d’une pile qui tombe en miettes sous ses pieds.
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Sœur Thérèse décide de prendre les choses en main ( elle est femme, après tout !) :
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« Doucement ! Asseyez-vous sur ce tabouret ! Je vous passerai les papiers un par un, vous lirez, ensuite nous organiserons un système de classement selon les dates et les sujets traités. »
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Le premier document calligraphié à la plume d’oie avec des majuscules tracées à la feuille d’or est une recette de cuisine ! Mais à l’époque, elle valut son pesant d’or à son auteur !
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La jeune épousée ne manifestait guère d’enthousiasme jusqu’à ce qu’on lui présente ces friandises et retrouva le sourire. »
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Sœur Thérèse ne partage pas son avis. La légende dit vrai ! Si un homme se décarcasse à ce point pour plaire, c’est qu’il est « aimant » et « aimable » !
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Aymeric sursaute : « Mais qu’est-ce que vous en savez, vous, la bonne sœur ? Vous vous y connaissez en amour, peut-être ? »
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« Je ne suis pas une bonne sœur, je suis novice, et pas novice en tout, Monsieur Aymeric, si vous permettez que je vous appelle ainsi ! »
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Aymeric permet, il est soufflé !! Il est en train de perdre les pédales devant cette espèce de…, de novice qui, e somme, serait en train de lui faire la leçon !!
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Mais Aymeric ne les voit pas tout de suite, trop préoccupé par ce qu’il vient d’entendre.
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Et quand il les voit, Il est trop tard.
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Elle se précipite dans la chapelle, esquisse un signe de croix, une génuflexion et la voilà devant l’autel de la Vierge de l’Annonciation.
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« Alors, ma soeur, a –t-il trouvé ? Non, pas encore ?
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Il faut persévérer, il doit trouver, c’est une question de vie ou de mort ! »
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Le Secret de Notre-Dame ( 2e partie)
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« Ainsi donc, nous serions en danger, ma Mère ? Vous, nous, moi ?
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Tel est pris qui croyait prendre ! J’exige une explication ! Vous vous êtes suffisamment moquées de moi ! Me trompe-je ? »
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Pour les autres, il n’a même pas eu le temps de se faire une opinion ! Un comble !
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Et dans une Abbaye en plus, une Abbaye qu’il n’a, entre parenthèses, même pas eu l’occasion de regarder, lui si féru de vieilles pierres, lui, le premier historien de France et de Navarre (déchu, oui, mais ceci est une autre affaire….)
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Après quelques instants d’hésitation, Mère Marie-de-l’I décide de se jeter à l’eau. L’aventure est mal engagée, autant se mouiller tout à fait…
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« C’est tout simple. Si nous voulons conserver l’Abbaye et continuer à y vivre en communauté, nous devons à tout prix retrouver un document de la plus haute importance.
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Son successeur donna sa préférence à Avignon comme résidence des Papes et l’affaire fut oubliée jusqu’à son décès. Il mentionnait dans son testament l’existence d’un document révélant la cachette du Mors, rédigé par le pape Clément. C’est cela que nous devons trouver !
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Il nous faut absolument mettre la main dessus avant les autres, retrouver le Mors et le restituer à qui de droit.
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C’est cela que je disais, une question de vie ou de mors !
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Si vous ne nous aidez pas, L’Abbaye sera perdue, la France sera perdue et l’Unité de l’Europe menacée ! »
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Sujet: Re: Le Secret de Notre-Dame ( 2e partie) Mer 31 Juil - 7:23
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Sujet: Re: Le Secret de Notre-Dame ( 2e partie) Hier à 23:02
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Tout cela semble partir dans des directions bien peu spirituelles ; que de mystères pour un parchemin. Et si tout cela n'était qu'un prétexte ?
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Sujet: Le secret de Notre-Dame ( 3e partie) Jeu 8 Aoû 2013 - 12:50
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Cette espèce de novice m’a bien eu !
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Et les larmes ! J’ai bien failli tomber dans ce piège-là !
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Mais le pire, le pire, c’est la rumeur créée de toutes pièces pour me discréditer aux yeux de tous !
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Ah, « on » veut me forcer la main !
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Et bien, allons-y, en joue, ma belle !
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Quand on va au bal, il faut danser !
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« Je pars reconnaître les lieux ! Je veux voir à quoi ressemble cette Abbaye ! »
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« Rénovée récemment, l’Abbaye d’architecture cistercienne se pare, si j’ose dire, d’une simplicité poussée à l’extrême. Monstres et démons ne sont pas de mise, rien ne doit distraire le recueillement, tout juste rompu par le chant des cigales.
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Le saviez-vous, tout cela, ma sœur ? »
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Soudain, au hasard du chemin qui borde la bâtisse, Aymeric tombe en arrêt devant ce qui semble être la reproduction d’un blason. Il gratte un peu la poussière, il regarde de plus près et s’exclame : « L’étoile de la nativité ! »
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« Voyons, ma petite, vous avez quand même entendu parler des Baux ? Les Baux de Provence ! Pas loin d’ici ! «
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Oui, elle connaît. Ouf, elle ne va pas passer pour une idiote !
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« L’étoile de la Nativité se trouve sur le blason des Seigneurs des Baux ! »
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D’abord, le Couvent de l’Annonciation.
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Il manque un élément, elle réfléchit mais rien ne vient.
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« Et connaissez-vous la devise des Seigneurs des Baux ? Non ?
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C'est quand la scène d'amour torride entre Aymeric et la soeur-faux-cul sur l'autel de la chapelle ?
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(je dis ça.... c'est juste une idée pour tes lecteurs qui bavent depuis le 1° épisode...)
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Il a de la ressource Aymeric, et j'ai bien l'impression qu'il est en train de leur monter un flan monumental aux magouilleuses
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Si ce n'était que de moi, il eut pu y rester que cela n'aurait pas changé la face du monde
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Sur une petite ardoise (pareille à celle utilisée jadis par les écoliers, en un temps lointain !), elle a posé trois morceaux de bambou remplis à ras bord et quelques petites tranches de pain toastés.
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« Un petit biscuit de pingouin, peut-être ? » demande-t-elle, l’œil malicieux en lui tendant une coupelle de glaçons.
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Dans une Abbaye, certes, un 5 étoiles , en mieux, en plus calme!
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Hier soir, en marionnettiste qui tire les ficelles, il savourait sa victoire !
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Comme jeter une bouteille à la mer !
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« Comment vous n’avez rien fait ? Mais si, au contraire, vous êtes un génie ! Cette petite de la DGSE n’a fait qu’additionner 1+1 pour trouver la solution que vous lui proposiez sur un plateau !
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Reposez-vous maintenant, prenez du bon temps ! »
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C’est au bout d’une vieille corde qu’on tisse une nouvelle…
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Il va enfin raser cette barbe de huit jours, se faire beau ( pour faire bonne impression !) et…
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…vlan ! Dans sa course, il a perdu une espadrille, il trébuche et s’étale de tout son long au pied de la statue de la Vierge, l’une des innombrables statues qui ornent les couloirs de l’Abbaye !
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Il tente de se relever, sa cheville gauche refuse, ça fait un mal de chien !
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Il lui faut de l’aide, il va appeler au secours quand ses yeux rencontrent des jambes…
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Plus haut, il doit bien y avoir autre chose ?
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Cette poitrine… En quelque sorte, elle lui semble familière…
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Le cou, le visage, les yeux ( Ah ! Ces yeux !) itou.
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Sans un mot, elle tend une main, puis un bras, enfin une épaule et le soutient jusqu’à sa chambre.
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Elle le soutient fermement jusqu’au lit.
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Sur lequel ils s’écroulent tous les deux.
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Elle pose un doigt sur ses lèvres et murmure :
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C'est passionnant, et en plus tout finit par un happy end
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Subsets and Splits
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