text
stringlengths 0
1.19k
|
|---|
Oublier les aiguilles de la montre.
|
Oublier qu’il faut prendre le train suivant.
|
Un corps pour ne plus sentir les draps vides.
|
Les mots suffisent à déclencher le vice caché.
|
Sourire naïf, il n’a plus souri ainsi depuis longtemps.
|
« Nous sommes deux étrangers, alors perdons-nous ensemble. »
|
Et parfois il s’arrête au bord d’une ruelle.
|
Le fruit du hasard et de la jeunesse.
|
C’est toujours un bonheur renouvelé de jouer avec les lèvres d’un inconnu.
|
Il s’avance, s’éloigne, je t’aime moi non plus, suis-moi je te fuis.
|
Cependant, je ne sais pas si je serai patient ce soir. »
|
C’est toujours pareil avec Isao, il veut lui arracher des secrets, mais pas que.
|
peut-être que tu vas ressentir autre chose, ce soir, pour changer.
|
il y a déjà la curiosité qui te taraude l'esprit. l'envie de découvrir isao, aussi, avec ces pensées obscènes qui s'incrustent entre deux mots prononcés. puis tu sens l'appel du vide, l'envie de se brûler les poumons et les muscles dans une course vers la perdition. et évidemment, l'embarras d'être ici, le suspense de savoir comment se finira la soirée.
|
le décor change, sans que tu n'y fasses attention.
|
tu sens ta main au creux de la sienne pendant que vous vous éloignez des bars branlants, des vapeurs d'alcool et des picoleurs insomniaques, passant d'un monde à l'autre.
|
il y'a juste ton rire qui résonne dans la ruelle vide lorsqu'il s'éloigne, la joie et la surprise qui se mêlent dans l'air électrifié.
|
"ça va, baudelaire, fais ce que tu veux de ma soirée, pas besoin d'en faire un poème"
|
il a eu besoin de beaucoup moins que ça. trois mots et demi et t'es déjà pris dans ses filets, prêt à lui souffler milles tendresses.
|
(parce que t'en as besoin, ces illusions.)
|
(se sentir aimé, même avec un inconnu.)
|
tes mains distraites se glissent en dessous de son manteau, cherchant le réconfort dans son étreinte, pendant que tes yeux essayent de déceler son mystère, la sorcellerie qui lui permet de voler le temps, de transformer les secondes en heures, de détruire l'espace, et de rendre le monde assez flou pour que tu ne vois que lui.
|
il profite de ta solitude et de ton ivresse, ce con.
|
c'est loin des idylles que tu imagines, des scènes de joie en slow-motion, des rires et des champs de fleurs. rien de romantique, du vrai, du maladroit, juste deux mecs un peu bourrés qui vont se peloter dans une ruelle vide, du vulgaire coloré du bleu de vos sentiments, qui arrive à être magique.
|
"ça t'arrive souvent, de kidnapper ton public ?"
|
aucun reproche, juste une taquinerie, un flot de mots spontané, ceux qui sont toujours prêts à exploser dès que ton sang s'emplit d'alcool.
|
Sans lendemain, et lui, il veut ?
|
Est-ce qu’il te fera souffrir ?
|
Est-ce qu’il te martyrisera le corps ?
|
Il n’a que ses amis proches qui comprennent sa réalité.
|
Ils ne reviennent jamais deux fois dans sa couche dionysiaque.
|
C’est l’extase furtive, on s’adonne à tout, sans condition.
|
A t’expulser dans tes derniers retranchements.
|
Mais peut-être qu’il ment sans honte.
|
Peut-être qu’il fabule car ça l’excite de se faire passer pour un innocent.
|
Si je te disais que j’ai tué un homme ?
|
Si je te disais que j’ai failli violer une fille ?
|
Tu ne me connais pas tu m’aimes.
|
Tu ne me connais pas, tu veux quand même être bercé par mes bras.
|
Tu ne sais pas les mains sales.
|
Ce que j’te ferai toute la nuit et le reste du matin.
|
Le vilain garçon passe les mains dans l’entre-deux.
|
Cet espace insolite, frontière qui ne demande qu’à être franchie.
|
Les gestes ne sont pas si naturels.
|
« Cela t’arrive souvent de te faire prendre dans les filets des garçons que tu rencontres ? »
|
Au bout de la rue, une lumière rose.
|
Ils s’engouffrent à l’intérieur comme la porte des enfers.
|
Une seconde d’hésitation et c’est fichu.
|
Pas le choix, on fait avec, c’est juste des draps à souiller.
|
Il est mal à l’aise avec les couleurs.
|
L’expression d’une émotion qui déborde.
|
Ou je vais dépérir, me laisser aller.
|
Tôt ou tard je vais m’emporter.
|
c'est drôle. ça sonne comme une disquette et pourtant il t'arrache un sourire parmi la dizaine que tu lui as adressés ce soir. content de plaire, soupçon de fierté. il te cherche et tu fais la moue, tu ris et tu t'amuses.
|
cela t’arrive souvent de te faire prendre dans les filets des garçons que tu rencontres ?
|
"et tu penses qu'on vient m'accoster chaque jour ?"
|
baiser furtif, tu t'approches du démon. il est juste tombé au bon endroit au bon moment.
|
parce que t'en as marre de parler, de trop réfléchir, de te contrôler surtout. de tout mesurer, calculer, comme t'es habitué à le faire. puis t'es pas vraiment en état pour ça. impulsivité nouvelle, sentiment d'éternité.
|
tu as besoin de réconfort ce soir.
|
juste quelques heures pour se sentir vivant, sparadrap sur ton cœur bancal, tentative désespérée de se sentir désiré. peut-être que c'est pour ça que tu t'es laissé aller. que t'as pris moins de deux secondes pour le suivre.
|
peut-être que c'est ce qu'il te faut. une promenade au clair de la lune, une bouteille de saké, une étreinte au coin d'une rue, une main baladeuse, un soupir, un baiser, une danse silencieuse, une transe à deux heures du matin, et les lumières.
|
juste l'interrupteur qui s'éteint. et le bruit des vêtements qui se perdent, qui sont de trop, du pantalon sur lequel tu trébuches, semi-nudité, pour soulager une chaleur qui ne veut pas partir. et ton rire quand tu sautes sur le lit, bras ouverts pour l'accueillir.
|
et vos respirations. et ton cœur que tu entends presque tambouriner dans tes oreilles, prêt à sortir, comme les mots qui font leurs valises pour te laisser en tête à tête avec l'eros.
|
pour une fois, aucun de tes gestes ne sonne comme une fausse note à tes oreilles.
|
pas de finesse, pas de temps à perdre. tu exiges l'illusion aussi vite que possible.
|
mais tu dis pas non à ça, tant que ça te fait oublier, que ça ressemble à un film, ton imagination nourrie pour quelques jours, l'esprit occupé, vide momentanément comblé.
|
La vie ne tient qu’à un élastique de boxer.
|
C’est cette petite seconde d’éternité qu’il recherchait.
|
Il est là dans ses bras trop blancs.
|
Il se serre un peu plus dans l’étreinte d’un garçon patraque des sentiments.
|
Qui ne contrôle plus sa tension artérielle.
|
Ce serait mentir que de dire que ce n’est que tendresse, mais il essaye Isao de rendre ça beau.
|
Juste un peu coloré dans la lumière tamisée.
|
Avec des arcs-en-ciel et des étoiles dans la nuit.
|
Ce sont les acteurs d’une comédie romantique, d’un shôjo.
|
L’effort, le combat, la sueur dégoulinante, on ne voit pas.
|
Les plaintes, les cris de jouissance…
|
Cette langue sur le torse, on zappe.
|
Ils se disent tout par les yeux.
|
Et maintenant il voudrait fuir.
|
Ne pas ressentir la honte d’avoir enfreint des règles.
|
Il ne peut s’en prendre qu’à lui-même après tout.
|
« T’es le fantasme de mon cinéma. »
|
Prends tes affaires et barre-toi qu’il hurle intérieurement.
|
Il se reprend à temps en croisant le regard de son alter ego.
|
Il veut encore le couvrir de baisers.
|
Il veut encore le contact de sa peau.
|
Dormir contre l’être qu’il a séduit, il n’a pas cette habitude.
|
Mais il refuse de crever seul de froid dans son lit une place.
|
romance d'un soir en court-métrage, courtoisie du courage liquide. vous serez aussi flous l'un pour l'autre le lendemain, visages perdu parmi la foule, peut-être une erreur, un souvenir embarrassant ou simple fantasme. rien de plus.
|
et pourtant, ça ne t'empêche pas de t'attarder sur ses détails.
|
la chaleur de l'alcool qui se mêle à celle de sa bouche, les lumières qui dansent dehors et qui éclairent ses yeux, tes mains qui dessinent son visage son corps, pour le graver dans ta rétine. (peut-être ton esprit aussi, ou quelque part dans ton cœur.)
|
parce que de toutes les façons, tu aperçois les hautes lumières en fermant les yeux, entre deux saccades, et tu sens ton corps rater des battements.
|
(la petite mort qui porte bien son nom.)
|
tu es habitué à partir sans un mot, de toutes les façons. l'illusion se dissipe vite et les end credits se mettent à défiler devant toi.
|
il est là, à te demander de rester. mots murmurés, une supplication, qui te stoppe en plein élan, la fuite peut toujours attendre.
|
tu es allongé face à lui, avec ta main sur sa joue.
|
il est là, le sourire satisfait qui s'étire avec ses paroles.
|
cœur qui s’affole malgré toi à l'idée qu'on veuille de toi. même pour une nuit.
|
"tu disais donc ... ruelles sombres, c'est ça ? je risque d'y trouver des personnes comme toi ?"
|
Subsets and Splits
No community queries yet
The top public SQL queries from the community will appear here once available.